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Itinérance: on oublie les jeunes et une partie du Québec


L’annonce de nouveaux fonds pour aider les personnes à sortir de la spirale de l’itinérance est toujours une bonne nouvelle. Toutefois, l’annonce faite aujourd’hui par la ministre Lucie Charlebois, ministre déléguée aux services sociaux est plus que décevante en ce qu’elle concentre les investissements dans un seul modèle, celui de la «Stabilité résidentielle avec accompagnement» (SRA) et ne couvre pas toutes les régions du Québec. Bien que cette approche puisse être utile pour certaines personnes qui se qualifient comme itinérantes chroniques, mais ne répond résolument pas aux autres réalités, comme celles des jeunes.

Bien sûr, l’itinérance est toujours une question de logement, mais ce n’est pas uniquement une question de logement. Il est important que le gouvernement respecte sa propre Politique de lutte à l’itinérance ainsi que son Plan d’action interministériel et qu’il finance une variété d’hébergement, de logements et de services d’accompagnement. Les jeunes, à titre d’exemple, qui, le plus souvent, ne se perçoivent pas comme des personnes itinérantes, ont besoin de mesures de prévention dès l’adolescence, des mesures de soutien et d’accompagnement pour les familles en crise. De plus, les jeunes adultes qui souhaitent se trouver un logement sont confrontés aux prix élevés des loyers et sont peu souvent choisis dans le cadre de programme de SRA, car ils ne sont pas des «itinérants» chroniques. Pourtant, ces jeunes ont aussi besoin d’une intervention rapide et adaptée de soutien et d’accompagnement pour ne pas qu’ils s’ancrent dans une itinérance à long terme.

« En ce qui concerne notre auberge, des solutions adaptées ont été élaborées et sont encore tenues à bout de bras tant par les membres de l’équipe que par les bénévoles. L’accompagnement que nous offrons aux jeunes après un séjour est essentiel pour leur maintien en logement, pour l’harmonie familiale, mais c’est une pratique sous-financée et peu reconnue. Les appartements supervisés que nous avons développés sont pleins, des jeunes dans le besoin sont en attente d’une place et on manque dramatiquement de soutien financier récurrent pour les préserver et les optimiser afin de répondre aux besoins des jeunes », déplore Suzanne Demers, directrice de l’Auberge du cœur Le Baluchon.

Nous exigeons que le gouvernement de répartir ses investissements à toutes les personnes à risque d’itinérance, qu’elles soient dans les grands centres ou dans les milieux ruraux, qu’elles soient jeunes ou plus âgées, hommes et femmes. Les investissements doivent être plus grands et davantage diversifiés.

Par suzanne demers le 2018-03-07

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