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Dénombrement des sans-abri le 24 avril 2018

Ce texte a été publié dans la rubrique Forum de l'édition du 12 avril dernier dans le journal Le Courrier


À titre de membres du comité organisateur de la Nuit des sans-abri de St-Hyacinthe ou de Solidarité Itinérance Maskoutaine, nous appuyons la position du Réseau de Solidarité Itinérance Québec et du Regroupement des auberges du cœur du Québec au sujet de l’exercice de dénombrement annoncé par le ministère de la Santé et des Services sociaux qui se déroulera le 24 avril prochain dans plusieurs villes du Québec dont St-Hyacinthe.

Ce dénombrement représente surtout un exercice de relations publiques du gouvernement puisqu’il ne s’agit pas d’une aide concrète visant à décrire la réalité de l’itinérance. Nous doutons à juste titre de l’utilité du chiffre qui sera obtenu à la fin du dénombrement, car il réduira le portrait d’une réalité complexe qui existe à l’année qu’à une simple photo instantanée d’une seule nuit soit celle du 24 avril prochain.

La méthodologie retenue par le gouvernement québécois ne permettra pas de joindre les personnes en situation d’itinérance cachée, situationnelle et épisodique en raison de leur « invisibilité », mais que nous côtoyons pourtant au quotidien au sein de nos organisations. Nous croyons que les résultats comporteront des risques concrets surtout s’ils servent à mesurer l’ampleur du phénomène. Les données obtenues ne manqueront pas de frapper l’imaginaire des décideurs, mais les perceptions ainsi que les actions publiques des décideurs seront mal orientées et faussées par le résultat du dénombrement. Notre milieu, qui souffre d’un manque de reconnaissance et d’un manque de financement adéquat et récurrent en terme de réduction et de prévention de l’itinérance, ne pourra obtenir le support tant attendu et les ressources d’hébergement communautaire de notre milieu continueront de refuser des personnes faute de places.

Nous craignons également que cet exercice de dénombrement n’offre pas à la population l’éclairage nécessaire à propos des facteurs de défavorisation et de désaffiliation que vivent de trop nombreuses personnes. Les problématiques structurelles liées à l’itinérance prennent principalement leur source sur le désengagement de l’État, les coupures dans les programmes sociaux, l’aggravation des conditions de vie, le manque criant de logements sociaux, la gentrification des quartiers populaires et l’accès de plus en plus restreint aux services publics.


Stéphanie Bernier, Mission Jeunesse, Diocèse de Saint-Hyacinthe
Josianne Daigle, Centre d’intervention jeunesse des Maskoutains
Alain d’Amours, Contact Richelieu-Yamaska
Suzanne Demers, Auberge du cœur Le Baluchon
Natacha Laplante, Maison alternative de développement humain

Par suzanne demers le 2018-04-18

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